[Intro] [Le piano joue le motif descendant; la guitare lui répond par trois notes ascendantes.] [Verse 1] Le premier bus traverse une place encore vide, Un boulanger soulève son rideau métallique. La pluie s’est arrêtée sur les toits de zinc clair, Une odeur de pain chaud se répand dans l’air. La Seine prend au matin une couleur de métal, Puis un bleu presque tendre au pied de Notre-Dame. [Chorus] Le premier bleu se pose au-dessus de la Seine, Il ne guérit pas tout, mais me rend mon haleine. Le premier bleu n’efface ni ton rire ni nos lieux, Il rend seulement l’air un peu moins douloureux. Paris ouvre les yeux sans prononcer la fin, Tu restes en ma mémoire, mais tu n’es plus mon chemin. [Verse 2] Un café ouvre ailleurs, des tasses vont sonner, La ville que je croyais construite autour de nous Reprend ses mille vies sans connaître notre histoire. Je garde notre photo dans la poche intérieure, Ses bords pourront pâlir, son papier se plier, Ce qu’elle montre fut vrai — cela peut me suffire. [Chorus] Le premier bleu se pose au-dessus de la Seine, Il ne guérit pas tout, mais me rend mon haleine. Le premier bleu n’efface ni ton rire ni nos lieux, Il rend seulement l’air un peu moins douloureux. Paris ouvre les yeux sans prononcer la fin, Tu restes en ma mémoire, mais tu n’es plus mon chemin. [Instrumental] [L’accordéon reprend le motif du premier morceau, désormais résolu par la guitare et le piano.] [Bridge] Peut-être qu’un autre soir ton nom me fera mal, Devant un pont mouillé, une chanson, un journal. Je ne promets ni l’oubli, ni la paix pour toujours, Seulement de ne plus faire une prison de l’amour. [Final Chorus] Le premier bleu s’étend au-dessus de la Seine, Il ne guérit pas tout, mais me rend mon haleine. Le premier bleu conserve ton rire et nos lieux, Sans en refaire autour de moi des murs silencieux. Paris ouvre les yeux, les fenêtres aussi, Et je rentre chez moi par les rues éclaircies. [Reprise] Le premier bleu se pose sur les pavés lavés, Sur les ponts, sur les toits, sur ce que j’ai laissé. Je ne t’oublie pas — je te laisse où tu vis, Hors de mes choix, mais pas hors de ma vie. La nuit perd sa couronne au bord du quai désert, Et pour la première fois, je ne marche plus en arrière. [Outro] La Seine garde la pluie, Le café garde la lettre. La ville garde nos jours. Et moi — je garde la fenêtre Ouverte sur le matin.